Les citoyens du monde disent NON par le biais de mesures courageuses
Plus de 150 organisations sont devenues partenaires de Dites NON, et quelque 40.000 actions ont été lancées depuis le lancement de cette campagne en novembre 2009. (Photo: l’Association mondiale des guides et des éclaireuses)
Dans le monde entier, les gens se mobilisent : en recueillant des signatures, en organisant des manifestations et en allant à la rencontre des jeunes pour les sensibiliser. Une représentation théâtrale sur la violence contre les femmes organisée dans un village pakistanais permet d’empêcher un mariage forcé. Les rues de Delhi se dotent de nouveaux éclairages afin de rendre la vie quotidienne plus sure pour les femmes. La Fondation nationale de taekwondo du Tadjikistan appuie Dites NON à la faveur de ses tournois sportifs. Lisez les récits ci-dessous, et inspirez-vous des idées lancées !
Le Centre documentaire des femmes Shirkat Gah du Pakistan assure la promotion des droits de la femme depuis 25 ans. En décembre 2009, le Centre, en collaboration avec des partenaires, a adopté des approches créatives pour lutter contre les mariages forcés à Lahore et dans les zones rurales du pays. Un de ses partenaires, la Fondation sur le développement humain du Pakistan, appuyé par l’UNIFEM, a relevé un défi particulier dans les villages de la Province du Sud Punjab, où les femmes et les filles se montrent rarement en public. Grâce à des discussions en groupes et au dialogue, elle a pu sensibiliser les anciens du village et la communauté toute entière. Malgré la forte réticence initiale à assister ensemble à des manifestations en raison des règles traditionnelles, les hommes et les femmes des villages ont finalement accepté d’assister ensemble à une représentation théâtrale. Suite à cette initiative, les femmes ont commencé à parler de leurs besoins. Selon les organisateurs, une jeune fille a même pu éviter un mariage forcé.
La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre, a vu le lancement de l’initiative « un Delhi sûr pour les femmes » (Safe Delhi for Women), qui vise à rendre les espaces publics urbains - dont les transports publics - plus sûrs pour les femmes. Le projet est le fruit d’une collaboration entre le gouvernement de Delhi, ONU-Habitat, l’UNIFEM et l’ONG JAGORI. Plusieurs villes dans le monde – y compris Séoul, Dar es Salaam et Bogota – ont déjà lancé des programmes similaires.
Beaucoup d’activités, impliquant les hommes en tant que partenaires, ont également marqué le domaine sportif. Ainsi, au Tadjikistan, la Fédération nationale de taekwondo a mobilisé le public par une campagne de signatures, et diffusé des informations sur la violence contre les femmes au cours de ses tournois sportifs. Au Burundi, l’UNIFEM a travaillé étroitement avec le gouvernement pour mobiliser les membres des clubs de jogging de la ville, afin qu’ils distribuent des documents d’information dans la capitale Bujumbura, et a également organisé une campagne de sensibilisation ciblant les hommes affectés à des emplois traditionnellement masculins tels que les chauffeurs de taxi et de motos. Au Philippines, les 16 Journées de mobilisation contre la violence sexiste se sont conclues par un Sommet des hommes organisé dans la ville de Baguio, au cours duquel les hommes se sont réunis pour établir des stratégies en vue de mettre fin à la violence domestique.
La mobilisation des jeunes est elle aussi passée à la vitesse supérieure. Dans le cadre du programme d’été « Les jeunes disent NON », des lycéens de Bangkok ont été formés pour lancer une organisation étudiante multirégionale. Au cours des 8 semaines de ce programme, le groupe a également créé un magazine en ligne et réalisé un petit film vidéo. Représentant 10 millions de filles et de jeunes femmes dans 145 pays, l’Association mondiale des guides et des éclaireuses a appelé les jeunes à « allumer une lumière » en enflammant une bougie dans leurs villages ou villes en souvenir des 70% de femmes dans le monde qui subissent des violences au cours de leur existence. Des étudiants de l’Institut de technologie de Fidji et de l’Université du Pacifique Sud ont formé un réseau d’étudiants pour lutter contre la violence à l’égard des femmes dans la région.
L’appel mondial de l’Union interparlementaire a remporté un large succès : des femmes parlementaires d’Uruguay ont rejoint la Campagne du Ruban lilas pour combattre la violence ; le Parlement roumain a lancé une campagne médiatique; la sénatrice Pia S. Cayetano des Philippines a réalisé une exposition présentant les œuvres d’art de jeunes filles vivant dans un refuge temporaire, et le gouvernement autrichien et le parlement des Maldives ont signé en faveur de l’initiative Dites NON. Outre sa signature, le parlement des Maldives a adopté une résolution sur la fin de la violence contre les femmes.
Au niveau mondial, la lutte pour mettre fin à la violence contre les femmes prend de l’essor. Plus de 150 organisations sont devenues partenaires de Dites NON, et quelque 40.000 actions ont été lancées depuis le lancement de cette campagne en novembre 2009.
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